Vous avez été nombreux à participer à notre consultation « Si j’étais maire… » sur Facebook. Parmi les thèmes qui reviennent le plus souvent dans vos attentes et vos propositions : les JO 2030 et la notion d’héritage.
Voici les réponses des candidats au poste de maire, Luc Marchello (Briançon Territoire vivant/divers gauche), Richard Nussbaum (Bien Vivre à Briançon/sans étiquette) et Arnaud Murgia (Demain Briançon/divers droite).
Quelles retombées attendez-vous des JO 2030 ?
Luc Marchello
« Les retombées constatées lors des éditions précédentes des Jeux, d’été ou d’hiver, en Europe : 15 jours d’une belle fête sportive réussie… Mais aussi des coûts cachés pour les communes ; des années de travaux qui perturbent la vie des locaux ; un effet d’éviction sur les touristes habitués ; des retombées économiques en deçà de ce qui était annoncé, voire nulles. Rappelons que Turin, qui accueillait les JO d’hiver il ya vingt ans, est l’une des villes les plus endettées d’Italie à cause de ces Jeux. Les retombées attribuées aux Jeux de Paris sont de 0,07 point de PIB et le tourisme a baissé pendant les Jeux. Ces inquiétudes nous ont été confirmées lors de notre mission de terrain à Cortina, en février. »
Richard Nussbaum
« Nous attendons un héritage sportif et économique concret. La modernisation de la patinoire et de certains équipements doit renforcer la pratique locale et l’accueil de stages d’altitude. Les Jeux doivent également accroître la visibilité de Briançon et soutenir l’activité à l’année. L’objectif est de consolider l’emploi local et l’attractivité quatre saisons, avec des retombées mesurables et durables pour le tissu économique. »
Arnaud Murgia
« Un héritage très fort en termes d’infrastructures puisque même notre gare va être transformée en un vrai Pôle d’échange multimodal qui concentrera toutes les mobilités. Il n’y a qu’à voir d’ailleurs comment Paris 2024 a changé une ville comme Saint-Ouen et son département. Mais aussi une visibilité à l’échelle mondiale pour notre territoire. Un gain touristique majeur qui se ressentira des années durant en termes de notoriété et de visibilité. Des retombées économiques très fortes, du BTP au commerce. Et un héritage en termes d’emploi et d’attractivité. Je porte d’ailleurs avec le président de la CCI le projet de créer à Briançon une école hôtelière pour ramener des jeunes dans notre ville et répondre aux besoins de la filière. »
Quelle est votre position vis-à-vis de l’organisation de l’événement et quel projet défendez-vous pour le territoire ?
Luc Marchello
« Pour nous, la question ne se pose pas en ces termes. Les Jeux ont été imposés par l’équipe municipale il y a deux ans, sans consultation des habitants : c’est une faute politique. Notre responsabilité est désormais de protéger les Briançonnais et notre territoire des effets délétères possibles de cet événement. Nous proposons donc une démarche en trois temps : s’informer, informer les habitants, puis décider ensemble selon nos marges de manœuvre. Une grande partie de l’organisation reste en effet opaque, notamment sur les budgets prévisionnels, souvent inférieurs aux coûts réels. Nous défendons avant tout un territoire vivant et accueillant pour celles et ceux qui y habitent, y travaillent ou y séjournent. »
Richard Nussbaum
« Nous considérons les JO 2030 comme une opportunité à condition qu’ils soient utiles et maîtrisés. Notre priorité est qu’ils servent de levier pour améliorer durablement le desserte routier et ferroviaire, enjeu majeur pour un territoire enclavé. Les investissements doivent répondre aux besoins structurels de Briançon et non à une logique événementielle. Nous défendons une approche pragmatique, protectrice des finances communales et tournée vers l’intérêt des habitants. »
Arnaud Murgia
« C’est une chance inouïe : pour la première fois, nous sommes sur la carte. Avec Renaud Muselier, nous avons pensé le projet pour que nous disposions dans les Hautes-Alpes d’un héritage plus fort et durable, parce que nous n’avons jamais eu les Jeux et que nous avons beaucoup de retard notamment sur le désenclavement. 350 millions pour rénover la ligne de train qui se mourrait, des nouveaux trains de nuit qu’on attendait depuis des années, 200 millions sur la desserte routière, c’est inédit et sur les a gagnés. L’objectif, c’est d’en tirer le meilleur dans tous les domaines pour mettre en valeur ce que nous avons – nos fortifications, notre culture, notre gastronomie, notre capacité à ancien de jeunes sportifs… – et laisser un héritage durable. »
Quelle est votre position sur le fort des Têtes : pour ou contre le village olympique ?
Luc Marchello
« Nous sommes fermement opposés au projet de village olympique au fort des Têtes. Arnaud Murgia, avec Richard Nussbaum, son ex-premier adjoint, ont donné les clés de la ville à la Solideo. Ce fort emblématique du patrimoine briançonnais mérite d’être valorisé, mais le transformer en village olympique dans un délai si court serait lui faire insulte : livraison prévue en février 2029 et travaux débutant au plus tôt été 2026. Le site est en outre éloigné des écoles, des commerces et des stations. Le budget évoqué, entre 120 et 300 millions d’euros, illustre l’opacité qui entoure ces Jeux. Nous défendons une politique du logement plus ambitieuse, moins coûteuse et plus respectueuse du patrimoine. »
Richard Nussbaum
« Nous sommes opposés au village olympique au fort des Têtes. Le projet fait peser des risques touristiques significatifs sur la commune : coûts d’infrastructures, aléas liés à un site patrimonial classé, charges d’entretien futures et incertitudes sur les recettes si le quartier devient majoritairement. Le développement du logement doit s’inscrire dans une stratégie municipale maîtrisée, centrée sur les besoins des habitants permanents. »
Arnaud Murgia
« J’ai gagné la place de Briançon sur la carte des sites et j’en suis fier. Avec le village olympique, nous avons une opportunité historique pour cet ensemble fortifié, avec des opérateurs candidats de taille nationale et européenne prêts à mettre plus de 100 millions d’euros d’argent privé sur la table. Ne pas saisir cette opportunité aurait été une erreur car elle ne se représentera pas deux fois. Accueillir les athlètes au Club Med, comme cela a pu être dit, représentait un coût de quasiment 20 millions offerts à un opérateur privé, chinois qui plus est. Cet argent sera mieux utilisé à rénover nos fortifications. Vouloir les Jeux sans village olympique, c’est en fait ne plus avoir les Jeux puisque les épreuves ne se déroulent pas à Briançon. »

