Le Groupe de la Banque mondiale a approuvé, le 5 mars, un ensemble de financements d’environ 1,1 milliard USD (environ 951,3 millions d’euros) destiné à soutenir le programme de réformes économiques de l’Angola, tout en créant des marges budgétaires pour financer des investissements sociaux, notamment dans l’éducation.
Le dispositif comprend un prêt de politique de développement de 750 millions USD (environ 648,8 millions d’euros) ainsi qu’un mécanisme de garanties totalisant 400 millions USD (environ 346 millions d’euros), fourni par la Banque mondiale et l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA). Ces garanties permettent de couvrir un prêt commercial destiné à refinancer une partie de la dette du paiement à des conditions plus favorables.
Selon la Banque mondiale, l’objectif est de soutenir l’agenda de réformes structurelles de l’Angola, visant à diversifier son économie, renforcer la croissance inclusive et créer davantage d’emplois, notamment pour une population jeune en forte expansion. « Cette opération reflète la solidité du partenariat entre la Banque mondiale et le gouvernement angolais pour faire avancer des réformes favorisant la croissance inclusive, renforcer la soutenabilité budgétaire et développer le capital humain. », a déclaré Albert Zeufack, directeur de la Banque mondiale pour la RD Congo, l’Angola, le Burundi et Sao Tomé-et-Principe.
Un échange de dette pour financer l’éducation
Au cœur du dispositif figure un mécanisme d’échange de dette contre investissements, également appelé swap de dette contre développement. Celui-ci permettra au gouvernement angolais de rembourser par anticipation une dette commerciale jugée coûteuse, en la refinançant grâce à un nouveau prêt garanti obtenu dans des conditions plus avantageuses.
Les économies générées sur le service de la dette devraient ensuite être redirigées vers les priorités de développement du pays. Une partie de ces ressources sera notamment consacrée à la construction d’écoles et à l’amélioration de l’accès à l’éducation. « Cette transaction combine la solidité des bilans de la Banque mondiale et de la MIGA pour générer des économies supplémentaires pour le gouvernement, qui pourront être utilisées pour construire des écoles », a expliqué Muhamet Bamba Fall, directeur des industries à la MIGA. « Elle illustre le potentiel de la plateforme de garanties pour la gestion de la dette et le développement du capital humain ».
Depuis quelques années, les swaps de dette gagnent progressivement du terrain parmi les pays en développement confrontés à un accès plus coûteux aux marchés financiers et à l’érosion de certaines sources d’aide publique. Pour l’Angola, cette opération intervient dans un contexte d’assainissement progressif de ses finances publiques. Après avoir culminé à 119% du PIB en 2020, au plus fort de la pandémie du Covid-19, la dette publique du pays a été progressivement réduite pour atteindre environ 62% du PIB en 2025, selon les dernières estimations du FMI.
Un appui au corridor de Lobito
Une partie de l’opération contribuera également au développement du corridor de Lobito, un projet d’infrastructure stratégique destiné à relier les zones minières de la Zambie et de la République démocratique du Congo au port angolais de Lobito, sur la façade atlantique.
Ce corridor logistique est considéré comme un axe clé pour l’exportation de minéraux stratégiques d’Afrique centrale vers les marchés internationaux et pourrait attirer des investissements directs étrangers tout en renforçant l’intégration économique régionale.
Selon la Banque mondiale, le projet devrait contribuer à diversifier la croissance économique angolaise et à générer davantage d’emplois, tout en facilitant le développement de nouvelles chaînes de valeur régionales.

